Les plus belles chansons françaises classées par thème  

Chanter pour oublier ses peines...
Pour bercer un enfant...
Chanter pour pouvoir dire "Je t'aime"...
Chanter quelqu'un qui s'en va...
Chanter encore et toujours...

Florent Pagny

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vendredi 28 mars 2014

Georges Brassens - Le Gorille



C´est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu´en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M´a défendu de nommer ici...
Gare au gorille!...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S´ouvre, on n´sait pourquoi. Je suppose
Qu´on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C´est aujourd´hui que j´le perds!"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j´espère!
Gare au gorille!...

L´patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom!
C´est assommant car le gorille
N´a jamais connu de guenon!"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux!
Gare au gorille!...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d´un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu´elles n´avaient guère
De la suite dans les idées;
D´autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l´homme dans l´étreinte,
Bien des femmes vous le diront!
Gare au gorille!...

Tout le monde se précipite
Hors d´atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat!
Gare au gorille!...

"Bah! soupirait la centenaire,
Qu´on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré!";
Le juge pensait, impassible,
"Qu´on me prenne pour une guenon,
C´est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non!
Gare au gorille!...

Supposez que l´un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux?
Qu´une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m´échoie,
C´est, j´en suis convaincu, la vieille
Qui sera l´objet de mon choix!
Gare au gorille!...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l´amour vaut son prix,
On sait qu´en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l´esprit.
Lors, au lieu d´opter pour la vieille,
Comme l´aurait fait n´importe qui,
Il saisit le juge à l´oreille
Et l´entraîna dans un maquis!
Gare au gorille!...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c´est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman!", pleurait beaucoup,
Comme l´homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille!...

mercredi 9 février 2011

Georges Brassens - Chanson pour l'Auvergnat


Elle est à toi cette chanson
Toi l'auvergnat qui sans façons
M'as donne quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid

Toi qui m'as donne du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez

Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffe le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un feu de joie

Toi l'auvergnat quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'hôtesse qui sans façons
M'as donne quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim

Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S'amusaient au me voir jeuner

Ce n'était rien qu'un peu de pain
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un grand festin

Toi l'hôtesse quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façons
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris

Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener

Ce n'était rien qu'un peu de miel
Mais il m'avait chauffé le coeur
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un grand soleil

Toi l'étranger quand tu mourras
Quand le croque-mort t'emporteras
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

lundi 31 janvier 2011

Georges Brassens - Les copains d'abord


Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la littérature
N'en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d'abord

C'étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d'abord

C'étaient pas des anges non plus
L'Évangile, ils l'avaient pas lu
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo, leur confiteor
Aux copains d'abord

Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui prenait l'quart
C'est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu'leurs bras lançaient des S.O.S.
On aurait dit des sémaphores
Les copains d'abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l'un d'entre eux manquait à bord
C'est qu'il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l'eau n'se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j'en ai pris beaucoup
Mais le seul qui ait tenu le coup
Qui n'ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord