Les plus belles chansons françaises classées par thème  

Chanter pour oublier ses peines...
Pour bercer un enfant...
Chanter pour pouvoir dire "Je t'aime"...
Chanter quelqu'un qui s'en va...
Chanter encore et toujours...

Florent Pagny

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mardi 24 septembre 2013

Grand Corps Malade - Au théâtre

Grand Corps Malade est de retour. En attendant son nouvel album "Funambule" qui sortira le 28 octobre voilà "Au théatre".




Acte un, scène 1, unité de temps, unité de lieu;
La pièce durera toute ta vie, l'histoire se déroule sous tes yeux.
Le rideau vient de s'ouvrir, toi tu soulèves les paupières.
Tes parents gèrent la mise en scène, ta pièce démarre et ils sont fiers;
Ils te souhaitent pas une tragédie, ils préfèrent que l'histoire soit drôle.
C'est le théâtre de ta vie, c'est toi qui tient le premier rôle,
Tu regardes autour de toi les projecteurs, les premiers rangs, les gens qui te donnent la réplique et puis les autres, les figurants.

Tes parents ont écrit le début, mais tu vas vite réaliser que pour la suite, c'est entendu, tu vas devoir improviser,
Et puis trouver les bons dialogues, dans ce premier acte, tu es bavard,
Ce ne sera pas une pièce d'auteur, mais du théâtre de boulevard.
Alors ton histoire défile sous la rumeur des spectateurs,
Ton personnage perd l'innocence, t'essaies de rester à la hauteur,
Face aux premières piques de l'intrigue, face aux premiers mauvais accords,
Derrière les apparences bien lisses, tu découvres l'enfer du décor.

(Refrain)
Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
Le scénar' est en friche, modifie-le, tu t'en fiches
Pour jouer les plus belles scènes et à l'heure de saluer le public,
Que tu aies le privilège d'avoir deux ou trois bonnes critiques
Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
L'histoire peut être riche, faut pas que tu traines, faut pas que tu triches
Pour t'offrir de l'ivresse, du vertige, de l'émotion,
Et qu'à la fin les gens se lèvent pour ta dernière ovation.

Alors de cour à jardin, maintenant tu fais les cent pas,
Tu côtoies les bons comédiens, et pis y a ceux que tu sens pas.
On flirte avec le vaudeville avec toutes ces portes qui claquent,
Tu vois moins tes parents, ingratitude du deuxième acte.
Tu l'as compris sur les planches, c'est la cour de création,
Dans toutes les situations, tu vas faire preuve d'adaptation,
Dans un monde où le prévisible perd souvent le contrôle,
Le bon comédien est celui qui sait jouer tous les rôles

Et c'est là qu'intervient celle qui donne du sens à ta pièce,
Sous les feux de la rampe, ta prétendante met tes attentes en liesse,
Tout prend de l'importance, c'est ce que ton homologue indique
Fini le théâtre de boulevard, tu tiens ta tragédie antique.
Si tout va bien, l'amour donnera de nouveaux petits acteurs,
Qui à leur tour, joueront leur pièce devant la foule des spectateurs.
Tu mettras en scène leurs débuts, t'as compris les règles du pacte,
Avant de retrouver l'énergie de t'atteler à ton troisième acte.
Du public, on voit tes doutes, on voit tes gouttes, on voit la sueur,
Tes déboires, tes trous de mémoire, tes espoirs et tes lueurs
Mais ce ? l'apprécie, c'est respectable et vibrant,
Les spectateurs vibrent aussi, c'est du théâtre vivant.

(Refrain)
Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
Le scénar' est en friche, modifie-le, tu t'en fiches
Pour jouer les plus belles scènes et à l'heure de saluer le public,
Que tu aies le privilège d'avoir deux ou trois bonnes critiques
Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
L'histoire peut être riche, faut pas que tu traines, faut pas que tu triches
Pour t'offrir de l'ivresse, du vertige, de l'émotion,
Et qu'à la fin les gens se lèvent pour ta dernière ovation.

A quelques exceptions près, toutes les pièces se ressemblent un peu,
Ça tourne autour de sentiments, tu sens, tu mens, tu vis, tu veux,
Y a que le décor et les costumes qui sont amenés à changer,
Ça dépend des moyens de la prod', on a pas tous les mêmes budgets...
Moi j'ai grandi au coeur d'un beau théâtre occidental,
Loin des troupes du tiers-monde et des acteurs qui ont la dalle,
J'aime le théâtre de ces pays où la scène est à même le ciel,
Où les intrigues se resserrent souvent autour des valeurs essentielles.

A quelques exceptions près, toutes les pièces se ressemblent un peu,
Y a les grandes scènes de comédies et les bouts de drames contagieux,
Et puis y a tous ces imprévus, ces fous rires, ces dérapages,
Moi je n'aime ce théâtre que quand l'intrigue sort de la page.
Sois patient, reste en coulisse quand résonnent les coups de tonnerre,
Et quand la scène est compliquée, appuie-toi sur tes partenaires.
Ils te seront indispensables pour atteindre tes objectifs,
N'oublie jamais cet adjectif: le théâtre est un art collectif.
A toi d'observer dans l'ombre quand on t'attend dans la lumière;
A toi de prendre le devant de la scène quand le scénario te prévoit derrière
Ecorche un peu ce qui est écrit, la vie aura un autre parfum
Ta pièce aura une plus belle fin, écoute une dernière fois ce refrain:

Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
Le scénar' est en friche, modifie-le, tu t'en fiches
Pour jouer les plus belles scènes et à l'heure de saluer le public,
Que tu aies le privilège d'avoir deux ou trois bonnes critiques
Au théâtre on joue ta vie, j'ai vu ton nom sur l'affiche
L'histoire peut être riche, faut pas que tu traines, faut pas que tu triches
Pour t'offrir de l'ivresse, du vertige, de l'émotion,
Et qu'à la fin les gens se lèvent pour ta dernière ovation.

vendredi 11 février 2011

Grand Corps Malade - Jour de doute


Y a des jours inévitables où la confiance s'évanouit
Toutes ces heures vulnérables, y a des jours comme des nuits
Les instants où je m'arrête au beau milieu de ma route
Comme un lendemain de fête, c'est juste un jour de doute
Les jours où même le temps, dehors, n'est pas sûr de lui
Où le ciel est trempé sans une seule goutte de pluie
Je regarde autour de moi, fui par ma sérénité
Victime d'un moment de flou ou d'un trop-plein de lucidité

J'ai trop d'attentes et trop de souvenirs qui font des tête-à-queue
Y a beaucoup trop de "pourquoi" et pas assez de "parce que"
Je choisis souvent le silence pour que les gens regardent ailleurs
J' suis stoïque en apparence mais en tempête à l'intérieur
Y a des envies qui me chuchotent et des regrets qui grondent
C'est les jours où tu te sens seul, même entouré de plein de monde
On connaît tous ces passages, un dernier vers pour la déroute
Les certitudes prises en otage, c'est juste un jour de doute

C'est juste un jour de doute, c'est un réveil sans appétit
Comme une nuit sans sommeil et comme un rêve inabouti
C'est la vie qui hésite et qui m'octroie une pause
Mais pour mieux me laisser le temps de bien me remettre en cause
Alors je regarde dans le miroir et je contemple mes erreurs
Et tous ces regards sans espoir dans mon rétroviseur
Ces quelques mains qui se tendaient que je n'ai jamais rattrapées
Dans tout ce que j'ai tenté je ne revois que mes ratés

Alors j'avance, mais à tâtons et puis en regardant derrière
Je me sens coupable encore une fois et ce sera pas la dernière
Coupable d'avoir juste essayé et de pas avoir réussi
Coupable d'avoir fait de mon mieux et que ça n'ait pas suffi
Alors je remets tout en question, est-ce que j' suis bien à ma place ?
J'ai peut-être pris les mauvais pions, est-ce que je dois vraiment faire face ?
J' connais cette histoire par cœur, un dernier vers pour la déroute
Parfois j' suis pas à la hauteur, c'est juste un jour de doute

C'est juste un jour de doute, ça va pas durer longtemps
C'est juste un jour qui s'ajoute, il n'est même pas inquiétant
Mais s'il me laisse un goût amer, je dois y faire attention
Je connais son mystère, il est l'automne des sensations
Quand sa lumière est faible comme si elle luttait toute la journée
La nuit revient comme si la Terre était pressée de se retourner
Et quand le soleil refait surface, il apparaît presque déçu
Et une pluie fine le chasse, comme si la vie nous crachait dessus

Alors je me dis que j'ai trop dormi ou que j' suis parti en contresens
Je sens que j'ai besoin de retrouver toute les odeurs de l'urgence
Les odeurs de vertige, les odeurs de vérité
Je sais bien que j'ai besoin de retrouver l'instabilité
Je crois pas que je manque des repères, en fait je pense que j'en ai trop
J'ai envie de me prouver que j'aurai toujours les crocs
C'est peut-être ça, un jour de doute, c'est pas une chute de moral
C'est le besoin de vérifier qu'on a encore bien la dalle

En fait, ces journées à la con, ça te fait te sentir vivant
Et ça me fait écrire des textes bien écorchés comme avant
En fait les jours de doute, ça donne des jours de lutte
Des réveils, des coups de poings, des envies d'uppercuts
Alors je tombe et je me redresse, alors je m'enfonce et j'encaisse
Alors je me trompe et je progresse, alors je compte mes faiblesses
Alors j'échoue, comme tout le monde, mais je reste sincère
Et comme la vie n'est pas longue, j'essaie juste de bien faire
Et si je mets de la lumière sur certaines de mes zones d'ombre
Et si je mets quelques mots sur mes silences les plus sombres
C'est pour mieux les comprendre et reprendre ma route
C'est pour foncer sans attendre le prochain jour de doute

mercredi 9 février 2011

Grand Corps Malade - Nos absents



C'est pas vraiment des fantômes, mais leur absence est tellement forte,
qu'elle crée en nous une présence qui nous rend faible, nous supporte.
C'est ceux qu'on a aimé qui créaient un vide presque tangible, car l'amour qu'on leur donnait est orphelin, il cherche une cible.
Pour certains on le savait, on s'était préparé au pire, mais d'autres ont disparu d'un seul coup, sans prévenir.
On leur a pas dit au revoir, ils sont partis sans notre accord, car la mort a ses raisons que notre raison ignore.
Alors on s'est regroupé d'un réconfort utopiste. A plusieurs on est plus fort mais on est pas moins triste.
C'est seul qu'on fait son deuil, car on est seul quand on ressent. On apprivoise la douleur et la présence de nos absents. Nos absents sont toujours là, à l'esprit et dans nos souvenirs. Sur ce film de vacances, sur ces photos pleines de sourires.
Nos absents nous entourent et resteront à nos côtés, ils reprennent vie dans nos rêves, comme si de rien n'était.

On se rassure face à la souffrance qui nous serre le cou, en se disant que là où ils sont, ils ont sûrement moins mal que nous.
Alors on marche, on rit, on chante, mais leur ombre demeure, dans un coin de nos cerveaux, dans un coin de notre bonheur.
Nous on a des projets, on dessine nos lendemins. On décide du chemin, on regarde l'avenir entre nos mains. Et au coeur de l'action, dans nos victoires ou nos enfers, on imagine de temps en temps que nos absents nous voient faire.
Chaque vie est un miracle, mais le final est enervant. J'me suis bien renseigné, on en sortira pas vivant. Faut apprendre à l'accepter pour essayer de vieillir heureux, mais chaque année nos absents sont un peu plus nombreux.
Chaque nouvelle disparition transforme nos coeurs en dentelle, mais le temps passe et les douleurs vives deviennent pastelles. Ce temps qui pour une fois est un véritable allié. Chaque heure passée est une pommade, il en faudra des milliers.

Moi les morts, les disparus, je n'en parle pas beaucoup. Alors j'écris sur eux, je titille les sujets tabouts. Ce grand mystère qui nous attend, notre ultime point commun à tous. Qui fait qu'on court après la vie, sachant que la mort est à nos trousse.
C'est pas vraiment des fantômes, mais leur absence est tellement forte, qu'elle crée en nous une présence qui nous rend faible, nous supporte. C'est ceux qu'on a aimé qui créait un vide presque infini, qu'inpirent des textes premier degré. Faut dire que la mort manque d'ironie.

Grand Corps Malade - Midi 20


Je suis né tôt ce matin, juste avant que le soleil comprenne
Qu’il va falloir qu’il se lève et qu’il prenne son petit crème
Je suis né tôt ce matin, entouré de plein de gens bien
Qui me regardent un peu chelou et qui m’appellent Fabien
Quand le soleil apparaît j’essaie de réaliser ce qu’il se passe
Je tente de comprendre le temps et j’analyse mon espace
Il est 7 heures du mat’ sur l’horloge de mon existence
Je regarde la petite aiguille et j’imagine son importance
Pas de temps à perdre ce matin, je commence par l’alphabet
Y’a plein de choses à apprendre si tu veux pas finir tebê
C’est sûr, je serais pas un génie mais ça va y’a pire
Sur les coups de 7 heures et demie j’ai appris à lire et à écrire
La journée commence bien, il fait beau et je suis content
Je reçois plein d’affection et je comprends que c’est important
Il est bientôt 9 heures et demie et j’aborde l’adolescence
En pleine forme, plein d’envie et juste ce qu’il faut d’insouciance
Je commence à me la raconter, j’ai plein de potes et je me sens fort
Je garde un peu de temps pour les meufs quand je suis pas en train de faire du sport
Emploi du temps bien rempli, et je suis à la bourre pour mes rencards
Putain la vie passe trop vite, il est déjà 11 heures moins le quart
Celui qui veut me viser, je lui conseille de changer de cible
Me toucher est impossible, à 11 heures je me sens invincible
Il fait chaud, tout me sourit, il manquait plus que je sois amoureux
C’est arrivé sans prévenir sur les coups d’11 heures moins 2
Mais tout à coup, alors que dans le ciel, y’avait pas un seul nuage
A éclaté au-dessus de moi un intolérable orage
Il est 11 heures 08 quand ma journée prend un virage
Pour le moins inattendu alors je tourne mais j’ai la rage
Je me suis pris un éclair comme un coup d’électricité
Je me suis relevé mais j’ai laissé un peu de mobilité
Mes tablettes de chocolat sont devenues de la marmelade
Je me suis fait à tout ça, appelez moi Grand Corps Malade
Cette fin de matinée est tout sauf une récréation
A 11 heures 20 je dois faire preuve d’une bonne dose d’adaptation
Je passe beaucoup moins de temps à me balader rue de la Rép’
Et j’apprends à remplir les papiers de la Cotorep
J’ai pas que des séquelles physiques, je vais pas faire le tho-my
Mais y’a des cicatrices plus profondes qu’une trachéotomie
J’ai eu de la chance je suis pas passé très loin de l’échec et mat
Mais j’avoue que j’ai encore souvent la nostalgie de 10 heures du mat’
A midi moins le quart, j’ai pris mon stylo bleu foncé
J’ai compris que lui et ma béquille pouvaient me faire avancer
J’ai posé des mots sur tout ce que j’avais dans le bide
J’ai posé des mots et j’ai fait plus que combler le vide
J’ai été bien accueilli dans le cercle des poètes du bitume
Et dans l’obscurité, j’avance au clair de ma plume
J’ai assommé ma pudeur, j’ai assumé mes ardeurs
Et j’ai slamé mes joies, mes peines, mes envies et mes erreurs
Il est midi 19 à l’heure où j’écris ce con d’texte
Je vous ai décrit ma matinée pour que vous sachiez le contexte
Car si la journée finit à minuit, il me reste quand même pas mal de temps
J’ai encore tout l’après-midi pour faire des trucs importants
C’est vrai que la vie est rarement un roman en 18 tomes
Toutes les bonnes choses ont une fin, on ne repousse pas l’ultimatum
Alors je vais profiter de tous les moments qui me séparent de la chute
Je vais croquer dans chaque instant, je ne dois pas perdre une minute
Il me reste tellement de choses à faire que j’en ai presque le vertige
Je voudrais être encore un enfant mais j’ai déjà 28 pijes
Alors je vais faire ce qu’il faut pour que mes espoirs ne restent pas vains
D’ailleurs je vous laisse, là c’est chaud, il est déjà midi 20.

Grand Corps Malade - 6ème sens


La nuit est belle, l'air est chaud et les étoiles nous mâtent
Pendant qu'on kiffe et qu'on apprécie nos plus belles vacances
La vie est calme, il fait beau, il est 2h du mat',
On est quelques sourires à partager notre insouciance
C'est à ce moment là hors du temps que la réalité a choisi
Pour montrer qu'elle décide et que si elle veut elle nous malmène
Elle a injecté dans nos joies comme une anesthésie
Souviens toi de ces sourires, ce ne sera plus jamais les mêmes.

Le temps s'est accéléré d'un coup, et c'est tout mon futur qui bascule,
Les envies, les projets, les souvenirs,
Dans ma tête y a trop de pensées qui se bousculent,
Le choc n'a duré qu'une seconde,
Mais ces ondes ne laissent personne indifférents.
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu'ils ont dit à mes parents.

Alors j'ai découvert de l'intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion
Un monde où être autonome devient un objectif irréel
Un monde qui existait sans que j'y fasse vraiment attention.
Ce monde là vit à son propre rythme, mais n'a pas les mêmes préoccupations.
Les soucis ont une autre échelle, et un moment banal peut être une très bonne occupation.
Ce monde respire le même air, mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.

On met du temps à accepter ce mot, c'est lui qui finit par s'imposer,
La langue française a choisi ce terme, moi j'ai rien d'autre à proposer.
Rappelle toi juste que c'est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu'un handicapé est d'abord un être humain.
Alors pourquoi tant d'embarras face à un mec en fauteuil roulant ou face à une aveugle
Vas-y tu peux leur parler normalement.

C'est pas contagieux, pourtant avant de refaire mes premiers pas,
Certains savent comme moi qu'il y a des regards qu'on n'oublie pas.
C'est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance
Un équilibre fragile, un oiseau dans l'orage, une frontière étroite entre souffrance et espérance.
Ouvre un peu les yeux, c'est surtout un monde de courage.

Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c'est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment ?
Quand l'envie de sourire redevient un instinct vital.
Quand on comprend que l'énergie ne se lie pas seulement dans le mouvement.
Parfois la vie nous teste et met à l'épreuve notre capacité d'adaptation.
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c'est un 6ème qui les délivre.
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout sans restriction,
Ce 6ème sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre….

Grand Corps Malade - Définitivement



T’es pas encore arrivé, avec ta mère on s’impatiente
Elle, elle commence à fatiguer et puis faut voir l’état de son ventre !
Paraît que tu te caches là-dessous, on communique à notre façon
Quand je te parle, tu donnes des coups, j’ai tes mouvements, tu as mes sons
Bah, ouais, ça nous pendait au nez, faire un enfant c’était de notre âge
Et puis à force de trop s’aimer, on laisse une trace de notre partage
T’es pas encore là mais déjà je vois beaucoup de choses différemment
Tu vas bousculer ma vie, définitivement
Je sais pas encore la tête que t’as mais déjà je te trouve beau gosse
Je voudrais t’avoir au creux de mon bras et caresser tes premières bosses
J’aimerais t’acheter tes premiers jean et ta première paire de baskets
J’ai même envie de changer tes couches, enfin, ça, ça changera peut-être
Je peux pas encore tout te raconter, là, quand je te parle, ta mère écoute
Mais t’inquiète, dès que tu seras né, on aura nos secrets, tu t’en doutes
Je t’apprendrai même à faire des blagues et si jamais on se fait griller
Toi, tu diras que c’est de ma faute, moi, je dirai que c’est toi qui as eu l’idée
J’ai déjà la rage contre tes profs quand ils donneront trop de devoirs
Si t’as des mauvais points de conduite, ce sera pas vraiment un hasard
Je t’engueulerai quand même, pour la forme, mais au fond de moi, évidemment
Je serai de ton côté, définitivement
Je t’apprendrai à observer et à écouter les gens
Tu m’apprendras à m’inquiéter, j’espère que tu seras indulgent
Je t’enseignerai la prudence, tu m’apprendras l’incertitude
Tu m’apprendras les nuits blanches, je t’enseignerai la gratitude
Tu verras que parfois la vie c’est dur, j’essaierai pas de te le cacher
On se casse la gueule à coup sûr quand on apprend à marcher
J’aurai envie de te protéger, mais j’essaierai de pas être trop lourd
Je mettrai mon amour de fer dans une apparence de velours
Je te préviens : je fais mal la bouffe et je pourrai pas jouer au ballon
Mais je trouverai d’autres trucs à faire pour que tu sois fier de ton daron
Je serai un peu ton pote, un peu ton frère, mais pour me fâcher
Faudra que je sois un peu ton père quand je te dirai d’aller te coucher
T’es pas encore arrivé mais déjà qu’est-ce que je te kiffe
Dans mon petit quotidien, t’as changé tous mes objectifs
Avant de penser à quoi que ce soit, je penserai à toi, tu vas clairement
Changer mon sens des priorités, définitivement
Alors, voilà, dépêche un peu, il reste trois mois à galérer
Tu dois être serré dans ton pieux, faudra que tu penses à t’aérer
Ici, y a plein de belles choses à voir, y a la montagne et y a la mer
Le Soleil, la Lune, les étoiles et puis les yeux de ta mère
Allez mon gars, dépêche un peu, j’ai envie d’entendre ta voix
On t’a même trouvé un prénom, si tu l’aimes pas, tant pis pour toi !
J’ai l’impression de rêver, t’es la meilleure chose assurément
Qui me soit jamais arrivée, définitivement
J’ai l’impression de rêver, t’es la meilleure chose assurément
Qui me soit jamais arrivée